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Homophones français : liste, pièges courants et astuces pour les distinguer

Les homophones sont des mots qui se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment, comme mer, mère et maire. Cet article distingue homophone, homographe et homonyme, donne un tableau des homophones grammaticaux les plus courants et propose des astuces de remplacement fiables.

8 min de lecture · mis à jour le 28/10/2026 · par

Illustration du guide : Homophones français : liste, pièges courants et astuces pour les distinguer

Illustration générée par intelligence artificielle

À retenir

  • Des homophones se prononcent de la même façon mais ont une orthographe et un sens différents (mer, mère, maire).
  • Un homographe s’écrit comme un autre mot sans se prononcer forcément pareil ; un homonyme vrai est à la fois homophone et homographe.
  • Pour les homophones grammaticaux, la méthode la plus sûre est de remplacer le mot par un équivalent (avait, mon, ici, ils étaient).
  • Les terminaisons verbales identiques (é, er, ez) sont des formes d’un même verbe, pas des homophones au sens strict.
  • Un dictionnaire de rimes aide à repérer les mots qui sonnent pareil et à contrôler leur orthographe.

Homophone, homographe, homonyme : trois notions à ne pas mélanger

Deux mots sont homophones lorsqu’ils ont la même prononciation sans être le même mot. En français, « mer », « mère » et « maire » se disent de la même façon mais s’écrivent différemment et n’ont aucun rapport de sens. Il en va de même pour « hêtre » et « être ».

Deux mots sont homographes lorsqu’ils s’écrivent de la même façon, même si leur prononciation peut différer. Le verbe « ferment » (ils ferment la porte) et le nom « ferment » (un agent de fermentation) en sont un exemple : ils sont homographes, mais pas homophones, car le nom se prononce comme « fermant ».

Quand deux mots différents sont à la fois homophones et homographes, on parle d’homonymes vrais. « Suis » en est un cas : c’est une forme du verbe être (je suis) et du verbe suivre (je suis ce chemin). Ce même « suis » est aussi homophone de « suit » et du nom « suie », sans lien d’origine avec eux.

  • Homophones : même son, orthographe différente (mer, mère, maire).
  • Homographes : même orthographe, mots différents (ferment, verbe et nom).
  • Homonymes vrais : même son et même orthographe, mots différents (suis, d’être ou de suivre).

Pourquoi le français compte autant d’homophones

L’homophonie est très fréquente en français, car elle peut toucher quasiment tous les mots, y compris les plus courants. Beaucoup de lettres finales ne se prononcent pas : le pluriel d’un nom, le féminin d’un adjectif ou la terminaison d’un verbe laissent souvent le son intact. Résultat : l’oreille ne suffit plus, et c’est l’analyse de la phrase qui décide de l’écriture.

Il faut pourtant distinguer deux situations. Les accords au féminin ou au pluriel, tout comme les formes conjuguées d’un même verbe, produisent des sons identiques, mais ce sont des formes du même mot. Les vrais homophones, eux, sont des mots différents : « a » (verbe avoir) et « à » (préposition) n’ont rien en commun, pas plus que « ou » et « où ».

Tableau des homophones grammaticaux les plus courants

Les confusions les plus fréquentes concernent de petits mots outils. Le tableau ci-dessous associe chaque série à un test de remplacement : si le mot de substitution convient dans la phrase, l’orthographe indiquée est la bonne.

HomophonesNatureAstuce de remplacementExemple
a / àverbe avoir / préposition« a » devient « avait » ; « à » ne se transforme pasIl a faim. Il va à l’école.
et / estconjonction / verbe être« est » devient « était » ; « et » se remplace par « et puis »Le chat est noir et blanc.
son / sontdéterminant / verbe être« sont » devient « étaient » ; « son » devient « mon »Ses amis sont là. Il prend son sac.
ou / oùconjonction / adverbe ou pronom« ou » devient « ou bien » ; « où » indique un lieu ou un momentThé ou café ? Où habitez-vous ?
ces / sesdémonstratif / possessif« ces » devient « ces…-là » ; « ses » devient « mes »Ces livres sont lourds. Elle range ses livres.
ce / sedémonstratif / pronom« ce » devient « cela » ou « ce…-ci » ; « se » devient « me » ou « te » à une autre personneCe chien est grand. Il se lave.
on / ontpronom / verbe avoir« ont » devient « avaient »On chante. Ils ont chanté.
leur / leurspronom / possessifpronom devant un verbe : « lui » ; possessif : « notre »Je leur parle. Ils aiment leurs voisins.
quel / quelle / qu’elledéterminant / conjonction + pronom« qu’elle » devient « qu’il » ; « quelle » devient « quel »Quelle heure est-il ? Je pense qu’elle viendra.
la / là / l’aarticle / adverbe / pronom + verbe« là » devient « ici » ; « l’a » devient « l’avait »Pose-le là. Il l’a vu.
ma / m’apossessif / pronom + verbe« m’a » devient « m’avait » ; « ma » devient « ta »Il m’a dit bonjour. Ma sœur arrive.
peu / peut / peuxadverbe / verbe pouvoir« peut » devient « pouvait »Il peut venir un peu plus tard.

Les pièges les plus fréquents, un par un

a ou à. Le test « avait » règle presque tous les cas. « Il a un chat » devient « il avait un chat », donc « a » sans accent. Dans « un chat à poils longs », « avait » ne fonctionne pas : c’est la préposition.

et ou est. Si l’on peut écrire « était », c’est le verbe. Sinon, c’est la conjonction qui relie deux éléments : « du pain et du fromage ».

son ou sont. « Sont » est toujours un verbe, conjugué avec « ils » ou « elles ». « Son » précède un nom et indique la possession : « son manteau ».

ou ou où. Le test « ou bien » valide la conjonction. L’accent grave de « où » se retrouve dans « d’où » et « par où », ce qui aide à ne pas l’oublier.

on ou ont. « On » est un pronom sujet, qu’on peut remplacer par « il ». « Ont » est le verbe avoir, qu’on remplace par « avaient ». Une confusion fréquente apparaît avec « on n’ » : « on n’a pas fini » se distingue de « ont » par le même test.

quel, quelle ou qu’elle. Si le mot s’accorde avec un nom (« quelle idée »), c’est le déterminant interrogatif ou exclamatif. Si l’on peut le remplacer par « qu’il » (« je crois qu’il viendra »), il faut écrire « qu’elle ».

leur ou leurs. Placé juste avant un verbe, « leur » est un pronom invariable : « je leur donne ». Placé devant un nom, il s’accorde : « leur maison », « leurs maisons ».

Les homophones lexicaux : même son, mots sans lien

Au-delà des mots outils, la langue contient de nombreuses séries de noms et d’adjectifs. « Mer », « mère » et « maire » désignent trois réalités sans rapport. La série « vert », « verre », « ver » et « vers » se prononce de la même façon : couleur, matière, animal, puis préposition ou ligne d’un poème. Ces séries ne se règlent pas par un test mécanique : c’est le sens de la phrase qui tranche.

Pour ces cas, l’astuce consiste à chercher un mot de la même famille. « Mère » s’appuie sur « maternel », « verre » sur « verrerie » ou « verrière », et « maire » sur « mairie ». Le dérivé fait réapparaître la lettre muette ou la terminaison qu’on hésitait à écrire.

Astuce : devant un doute, écrivez la phrase avec le mot de remplacement proposé dans le tableau. Si elle reste correcte et garde son sens, l’orthographe est bonne. Sinon, essayez l’autre forme.

Formes d’un même verbe : une confusion à part

Les terminaisons verbales posent un problème voisin. Les verbes du premier groupe se terminent par le même son à l’infinitif, au participe passé et à la deuxième personne du pluriel : « chanter », « chanté » et « chantez ». Là encore, ce sont des formes d’un même verbe, et non des homophones au sens strict.

Le test habituel consiste à remplacer le verbe par un verbe du troisième groupe, dont les formes sonnent différemment : « prendre » pour l’infinitif, « pris » pour le participe passé. Si « prendre » convient, on écrit « -er » ; si « pris » convient, on écrit « -é ».

Le passé simple et l’imparfait créent une confusion du même ordre. À la première personne, « je chantai » et « je chantais » tendent à se prononcer de la même manière, ce qui entraîne des fautes courantes. De même, « chanterai » (futur) et « chanterais » (conditionnel) se distinguent à l’écrit plus qu’à l’oreille dans la langue courante. Ces mots sont des paronymes proches plutôt que de vrais homophones : tout dépend de l’accent et du registre de celui qui parle.

Homophones, rimes et prononciation

Les homophones intéressent aussi ceux qui écrivent des vers. Deux homophones partagent tous leurs sons, ce qui en fait des rimes très riches, mais la tradition poétique n’aime guère rimer un mot avec lui-même ou avec un mot de même son et de sens trop proche. Le guide de la rime riche détaille ce que l’on attend d’une rime solide.

Pour retrouver tous les mots qui sonnent comme un mot donné, le dictionnaire de rimes classe les résultats par nombre de sons communs. La page des rimes en « mer » met ainsi en évidence des mots de même terminaison, parmi lesquels des homophones potentiels, tandis que celle des rimes en « vert » permet de repérer la série « verre », « ver » et « vers ». Il suffit ensuite de vérifier l’orthographe retenue dans la phrase.

Dernier point : certaines paires dépendent de l’accent. Dans la prononciation parisienne, « brin » et « brun » tendent à se confondre, alors que la différence est maintenue au Québec et dans plusieurs régions de France. Les homophones ne sont donc pas toujours identiques pour tous les locuteurs, ce qui explique aussi pourquoi l’oreille est un guide peu fiable pour l’orthographe.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre homophone et homonyme ?

Des homophones se prononcent de la même façon mais peuvent s’écrire différemment (mer, mère, maire). Des homonymes vrais ont à la fois la même prononciation et la même orthographe, comme « suis » du verbe être et « suis » du verbe suivre.

Qu’est-ce qu’un homographe ?

Un homographe est un mot qui s’écrit comme un autre mot de sens différent. Le verbe « ferment » et le nom « ferment » en sont un exemple : ils s’écrivent pareil mais ne se prononcent pas de la même manière.

Comment ne plus confondre a et à ?

Remplacez le mot par « avait ». Si la phrase reste correcte, écrivez « a » sans accent, car c’est le verbe avoir. Sinon, il s’agit de la préposition « à » avec l’accent grave.

Comment distinguer qu’elle et quelle ?

Remplacez le mot par « qu’il » : si cela fonctionne, écrivez « qu’elle ». Si le mot accompagne un nom comme dans « quelle heure », c’est le déterminant « quelle », qui s’accorde en genre.

« Chanté » et « chanter » sont-ils des homophones ?

Ce sont deux formes du même verbe qui se prononcent de la même façon, donc pas des homophones au sens strict. Pour choisir, remplacez par « prendre » ou « pris » : « prendre » donne « -er », « pris » donne « -é ».

Sources

  • Lexique 3.83 (New, Pallier, Ferrand, Matos) : 142 694 formes fléchies avec leur transcription phonétique, leur catégorie grammaticale et leur fréquence d'usage. C'est la base de toutes les rimes et de tous les décomptes de syllabes de ce site. lexique.org
  • ODS 8 (Officiel du Scrabble, édition 2020) : 411 430 formes admises. C'est la référence qui décide, ici, si un mot est valide ou non.
  • Les comptages cités dans ce guide (nombre de mots, de lettres, de solutions) sont recalculés sur ces deux fichiers, jamais recopiés d'une autre page.